Le secret de réussite de l’adulte débutant le piano

pianiste

 L’adulte débutant le piano (peut-être en raison du retard qu’il pense avoir pris sur les enfants qui débutent) estime à un moment donné de son apprentissage même parfois avant même d’avoir commencé le piano, que « c’est dur !  » .

 

Comme si la dette Temps pesait en quelque sorte sur ses épaules et se rappelait sans cesse à sa conscience.

Ainsi, d’entrée de jeu, l’adulte débutant se met dans un état d’esprit négatif qui influe forcément sur ses performances. En effet expliquez- moi comment des pensées telles que « je ne vais pas y arriver », « je ferai mieux d’arrêter maintenant », « je suis nul(le) » (vous vous reconnaissez !)  peuvent aider à la décontraction et à la fluidité du jeu ?

 

Cependant fort heureusement en règle générale l’adulte débutant le piano s’en sort très bien.

 

Alors quel est le secret de réussite de l’adulte débutant le piano ?

En fait, ce secret repose sur six attitudes  de l’adulte face au piano qui font qu’il réussit à vaincre tous les obstacles qui se présentent.

  • Il est concentré sur son objectif tout en restant dans la mesure du possible détendu. Il avance vaille que vaille et fait ce qu’il a décidé. Il ne perd pas de temps à réfléchir, à s’interroger sur le pourquoi du comment, à comparer la situation avec des expériences passées. L’apprentissage du piano pousse à laisser tomber les barrières psychologiques autant voire plus que la pratique d’un sport. Car il faut être dans la concentration et la détente. Il faut se laisser aller et en même temps savoir ce que l’on fait. Quelle autre activité humaine est aussi ambivalente ? Peut-être la conduite automobile. Tout repose sur la concentration du conducteur (un accident est si vite arrivé !) et en plus on est très décontracté car l’on fait plein d’autres choses en même temps, on se fait même plaisir en écoutant de la musique ou en discutant avec quelqu’un.
  • Il suit une méthode de travail. Même un adulte doit passer par les bases (apprendre la lecture des notes et développer entre autres l’indépendance des mains) et s’astreindre à une rigueur de travail. Il peut alors grâce à son intelligence et sa grande motivation aller plus vite que l’enfant. Mais on est obligé de procéder par les mêmes étapes et commencer par le début. Par conséquent  jouer le « Morceau de ses rêves » n’est pas envisageable dès le premier cours de piano.
  • Il est persévérant. Tout comme l’enfant qui apprend à lire et écrire en CP et qui met du temps avant de lire correctement une phrase puis un texte. Il faut y aller pas à pas… et…. ne pas se décourager !
  • Il travaille ! La régularité de la pratique instrumentale fait la différence entre deux adultes débutants motivés. Il est clair qu’entre les contraintes de sa vie professionnelle et familiale, il n’est pas facile de trouver un peu de temps pour se mettre tous les jours devant son piano. Mais quand on prend ce temps, les progrès sont tellement flagrants que cela vaut vraiment la peine d’essayer !
  • Il ne s’épuise pas à la tâche.

Un bon pianiste même adulte débutant doit rester un pianiste heureux !

Donc ne vous forcez pas à travailler si vous n’avez pas envie et SURTOUT ne travaillez pas pendant des heures pour rattraper un soi-disant retard ou parce que vous avez du temps devant vous et qu’il faut en profiter. Cela ne sert à rien. Tout comme pour l’enfant, la concentration ne peut pas être optimum sur une longue période. Il vaut mieux se concentrer sur quelques mesures du morceau pendant 10 minutes que sur le morceau en entier pendant une heure !

  • Il accepte d’avancer à son rythme. Il n’y a pas de normes au piano que ce soit pour l’adulte débutant  ou l’enfant. Certains avancent vite au début et stagnent plus par la suite. Certains ont plus de difficultés à se décontracter, ont les doigts raides et du mal à enfoncer les touches. D’autres n’arrivent pas à jouer mains ensemble. Rien n’est figé et on finit à force de persévérance par venir à bout de tous ces problèmes.

En conclusion, le piano, ce n’est pas si dur ! Ni pour l’enfant, ni pour l’adulte débutant. Il faut juste se mettre en position de réussir en suivant ces différents points et en acceptant l’idée que cela prenne du temps mais sans pour autant s’arracher les cheveux !

Et vous, si vous êtes adulte débutant, qu’en pensez-vous ? Arrivez-vous à surmonter vos difficultés au piano ?

 

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22 Commentaires
  • Hervé
    13 novembre 2014

    Je viens de comprendre enfin comment progresser au piano lorsqu’on est adulte….
    Indispensable et rassurant lorsqu’on s’engage dans cette nouvelle aventure si enrichissante
    Merci

    • Claudine
      14 novembre 2014

      En effet, Hervé !
      Commencer le piano à l’âge adulte suppose une certaine « discipline » de travail mais ce n’est pas pas forcément plus difficile que pour l’enfant, si l’on consent à lâcher prise avec ses « à-priori ».
      Et comme vous le dites si justement, c’est une expérience très enrichissante qui ouvre l’esprit sur de nouvelles sensations et qui procure de grandes satisfactions lorsque l’on réussit à monter un morceau et à le jouer parfaitement (c’est-à-dire comme on rêverait de l’entendre…) !
      Merci pour votre commentaire et à bientôt !

  • ARNAUD
    14 juillet 2016

    Bonjour !

    Je suis un faux débutant car j’ai étudié la guitare classique pendant quelques années et je créer des idées musicales sur ordinateur en utilisant un clavier. Afin de pouvoir composer convenablement, j’ai décidé, il y a plus d’un an de cela, de prendre des cours de piano classique. J’ai 41 ans et je trouve que l’instrument est très agréable comme moyen de composer et se faire plaisir. A tout âge, il est très facile de commencer à jouer d’un instrument. Il suffit d’un peu de temps et de la passion.
    Bon courage à tous !

    • Claudine
      14 juillet 2016

      @arnaud
      Bonjour et merci pour votre témoignage… positif !

      Votre commentaire rejoint ce que j’écris dans mon article : le piano, c’est facile et à la portée de tout le monde.
      Ce n’est pas une question d’âge, il faut avant tout « s’autoriser » et se donner les moyens !

      A bientôt !

  • Max VALEMS
    14 septembre 2016

    Bonjour Claudine,

    Je suis « tombé » sur votre site par hasard, j’ai 63 ans et j’ai débuté le piano … hier avec un prof sympa de premier abord, je vais lire les articles de votre site, j’espère qu’ils m’apporteront ce que je cherche … en attendant, j’écoute Dark Intervals de Keith Jarrett, aucune ambition pour ce qui me concerne ;o)

    Bien cordialement,

    Max

    • Claudine
      15 septembre 2016

      @max-valems
      Bonjour Max

      Bienvenue sur Vive le Piano et merci pour votre commentaire.
      Si vous débutez, vous ne jouerez peut-être pas comme Keith Jarret tout de suite, surtout que lui danse en jouant ;). Personnellement, j’adore My Song.
      Mais bon, vous pourrez vous faire plaisir tout de même ! C’est ce que je vous souhaite

      Bon piano et bonne journée !

  • Guillaume
    25 septembre 2016

    Bonjour,

    je suis professeur de piano moi aussi, et en cherchant sur internet un guide d’achat de pianos numériques pour un de mes élèves, je suis tombé sur votre site que j’ai trouvé très bien fait.

    Par curiosité, je suis allé lire d’autres articles tout aussi intéressants, qui laissent transparaitre votre amour de notre beau métier.

    Je voulais juste vous féliciter pour le travail accompli sur le site, et vous souhaiter à vous et vos élèves de belles années de musique !

    Confraternellement,

    Guillaume

    • Claudine
      30 septembre 2016

      @guillaume
      Bonjour Guillaume,

      Merci pour votre visite et votre gentil commentaire.

      C’est vrai que nous avons beaucoup de chance d’exercer ce beau métier, c’est ce que je me dis aussi tous les jours !

      A bientôt !

  • jean-yves
    13 décembre 2016

    Je débute moi aussi depuis quelques semaines, comme je vous l’ai raconté ailleurs, j’ai trois heures de piano derrière moi !
    C’est vrai que la coordination des mains n’est pas facile (c’est ma phrase à moi). Mais ça vient et quelle satisfaction d’y arriver.
    Je n’ai pas (encore) de piano et donc, je m’entraine sur les tables, comme un bon ado qui joue de la guitare dans le vide, avec la mélodie dans la tête (pour la première, L’hymne à la joie de Ludwig van).
    Je crois que je vais adorer car j’aurai toujours de quoi progresser et des partitions à découvrir. Et c’est vrai que ça fait du bien de tout oublier par les notes.
    Votre site est vraiment super, félicitations!

  • ARNAUD
    14 décembre 2016

    Rebonjour !
    Je termine doucement ma 2e année de piano. Des études, un peu de hanon chaque jour, du déchiffrage (je commence toujours par le déchiffrage car cela nécessite plus de concentration) et je conserve mon petit répertoire…de bach, des morceaux du livre d Anna, je remarque que le temps passe de plus en plus vite et il devient facile de travailler 2 petites heures par jour. Bon courage ?

    • Claudine
      14 décembre 2016

      @arnaud
      Bonjour Arnaud,
      Quelle application et quelle progression, bravo !
      C’est vrai que le temps passe très vite au piano 🙂
      A bientôt !

  • Arlette
    12 mai 2017

    Bonjour Claudine
    Je viens de découvrir avec bonheur votre site (et vos encouragements).
    Vos explications sont claires et ludiques.
    Je débute le piano, j’ai bientôt 67 ans et bien que très tentée depuis toujours je n’avais jamais osé tenter l’aventure.
    Ce qui me retenait…. le solfège! Eh oui, non le piano c’est pas « trop »dur mais le solfège SI!
    Quand ma fille a commencé le violon à 7 ans, j’ai essayé d’apprendre en même temps mais j’ai été perdue des le début car je n’arrivais pas à repérer les notes sur la portee.
    Avec votre méthode j’espère y arriver, car bien que j’arrive (pour l’instant) à suivre au piano, pour jouer en lisant la partition c’est souvent « je monte de 2 notes, je reviens sur la première, la suivante est dièse 3 en dessous » ,bref, je triche car ça ne veut pas rentrer. Mais je sais bien que ça ne pourras pas durer et que bien vite je vais bloquer.
    Bien qu’éleve au conservatoire avec un prof super gentil, il ne peux apprendre a ma place et je cherche sur le net des ficelles pour m’aider a memoriser ces fichues bestioles.
    Je suis enchantée de votre blog auquel je viens de m’inscrire et dont j’espère beaucoup.
    Merci du temps que vous y passez et de vos « petits trucs » pour avancer.
    Je ne manquerais pas de vous tenir au courant sur l’efficacité de vos enseignements.
    A bientôt et encore merci

    • Claudine
      12 mai 2017

      Bonsoir Arlette,
      Merci pour votre gentil commentaire !
      Je vous assure que cela vaut le coup de se pencher une bonne fois pour toutes sur la lecture des notes plutôt que d’essayer de trouver des petits arrangements en comptant les notes les notes les unes par rapport aux autres. C’est beaucoup moins fatiguant !
      Imprimez les pdf que je mets à votre disposition sur le site en clé de sol et fa, lisez un peu tous les jours et vous m’en direz des nouvelles !
      N’hésitez pas à revenir vers moi si vous avez des soucis ou des questions.
      A bientôt !

  • Rahem
    23 octobre 2017

    Bonjour je suis tombé sur votre site très intéressant, car j’ai acheté un piano synthétiseur. Je suis débutant en piano j’ai 31 ans , j’ai du mal à jouer avec les mains ensemble et aussi je suis perdu au niveau des notes de musique. Mais je suis très motivée à apprendre le piano depuis tout l’enfance. Avec persévérance j’espere Réussi à progresser petit à petit.

    • Claudine
      26 octobre 2017

      Bonjour,
      C’est vrai qu’au début, on peut avoir l’impression d’être débordé par toutes les informations à absorber en même temps.
      Mais je dirai qu’il ne faut pas se laisser impressionné et faire comme vous le dites et accepter de progresser petit à petit…
      A bientôt !

      • Rahem
        26 octobre 2017

        Bonsoir et merci de m’avoir répondu, j’ai réussir comment lire le solfège la clé de sol et la clé de fa. Je prendre un agréable de plaisir de lire et recopier les partitions en écrivant, do re mi etc et de jouer comme ça je m’y familiarise les notes.

  • GROLLEAU
    17 novembre 2017

    Je suis en partie d’accord avec ce genre d’articles mettant en avant les nouvelles pédagogies musicales, qui permettraient de débuter la pratique d’un instrument de musique à tout âge. Je dis en partie car si effectivement on enseigne bien mieux aujourd’hui que par le passé, un adulte reste un adulte, avec son bagage éducatif et émotionnel. J’ai commencé le piano à 32 ans, j’en ai 64 aujourd’hui et j’ai toujours pratiqué assidûment, avec des professeurs pendant 10 ans. Aujourd’hui, dès lors que j’aborde de nouveaux morceaux, c’est toujours aussi laborieux. J’essaie en ce moment de jouer « sleep away » de Bob acri et je trouve cela hors de ma portée, ce qui me parait anormal après 30 ans de pratique. Je veux bien admettre que je ne suis pas doué mais je n’ai jamais rencontré d’adultes ayant commencé sur le tard et jouant facilement ce genre de morceaux. Tout cela pour dire que nous autres adultes avons de véritables blocages dont il est bien difficile de se défaire, et ce, malgré les meilleures approches psychologiques. Tous les conseils donnés dans cet article sont excellents, pour autant il sont difficiles à mettre en pratique. Essayez par exemple d’être concentré mais détendu, seul l’enfant y parvient. Ceci dit, j’invite tout de même les adultes intéressés à tenter l’expérience qui reste une aventure enrichissante. Mon commentaire n’est donc pas destiné à décourager les éventuels candidats, juste à les prévenir que contrairement aux apparences, le piano, c’est difficile pour un adulte.
    J.marie

    • Claudine
      18 novembre 2017

      Bonjour et merci pour votre témoignage sur vive le piano.

      Je persiste à dire et à croire que le piano est accessible à tout le monde quel que soit son âge mais à la condition, bien sûr, d’être motivé et surtout d’être bien encadré.
      Pour la petite histoire, en ce moment, j’ai une élève adulte, très motivée et qui a fait 5 ou 6 années de piano en cours particuliers chez une autre prof avant de venir chez moi. Lorsqu’elle m’a montré ses partitions, je me suis dit « Super ! Elle a un bon niveau, elle n’a pas perdu de temps ! ». Et quand je lui ai demandé de me jouer une partition de Debussy, je crois, elle m’a répondu, « je ne peux pas, je n’en suis pas capable ». Et elle m’a expliqué qu’elle finissait par réussir à monter tous ces morceaux mais qu’elle n’y comprenait rien et qu’elle les oubliait aussi vite et que donc elle avait la sensation de ne savoir aucun morceau, en tout cas de n’en maîtriser aucun sur le bout des doigts.
      En lui posant quelques questions basiques sur le chiffrage des mesures, la pulsation, les doigtés, les déplacements, je me suis vite rendue compte qu’elle avait des lacunes en solfège et en technique instrumentale qui la pénalisaient pour le déchiffrage et l’interprétation des morceaux.
      Donc nous avons étudié des morceaux plus simples que je lui ai expliqués en détails et elle est en train de prendre confiance en elle et en son jeu.
      Ce n’est pas tout d’apprendre à jouer un morceau au piano, il faut aussi développer des compétences et de la confiance qui permettent d’aller de l’avant. Et pour cela, l’élève doit avoir plusieurs cordes à son arc.
      C’est donc au professeur de prendre le temps d’expliquer le fond des choses et donc d’aider pleinement l’élève en lui expliquant TOUT ce qu’il doit savoir.

      Donc pour en revenir à vous, après 30 ans de pratique de piano, il n’est en effet pas normal que vous trouviez laborieux le déchiffrage d’un morceau tel « Sleep away » de Bob Acri qui n’est pas très difficile mais qui demande une bonne maîtrise des déplacements d’octave ainsi qu’un excellent sens du rythme. Ce qu’il faut qu’il comprendre, c’est l’architecture du morceau, quelles sont les différentes phrases comment s’agencent les différentes formules rythmiques et surtout il faut compter à haute voix ! Sans rythme, le jazz est vain, la pulsation doit donc être solide et c’est ce qui fera toute la différence.
      Mais bon, je ne me permettrai pas de vous donner des conseils, ne connaissant pas votre niveau exact. En effet c’est seulement en écoutant et regardant la personne jouer que l’on se fait une idée réelle de son niveau.
      Je comprends très bien vos arguments, et c’est vrai que parfois quelques adultes développent des blocages qui leur font abandonner la pratique du piano.
      Mais souvent ces blocages ne sont pas liés à un frein psychologique ou à un problème de détente musculaire mais plutôt à des problèmes de dyslexie ou de motricité fine non résolus dans l’enfance.
      D’ailleurs, contrairement à ce que l’on peut penser, certains enfants sont obligés d’arrêter aussi pour les mêmes raisons.

      Sinon en France, l’apprentissage du piano à l’âge adulte connait un léger essor ces dernières décennies. Mais il y a encore peu de places pour les adultes dans les écoles de musique et conservatoire. Et les méthodes pour adultes sont souvent incomplètes et très complexes sous prétexte que l’adulte est censé comprendre mieux et plus vite.

      Enfin, le côté positif, c’est que même si vous vous considérez comme pas doué, vous persévérez ! C’est l’essentiel !

      A bientôt !

      • jean marie
        19 novembre 2017

        Merci beaucoup Claudine pour votre réponse très complète et très bien argumentée. Je tiendrai compte de vos remarques, chaque professeur apportant quelque chose à un élève. Compter, dites-vous, tout à fait d’accord avec vous, ayant personnellement constaté que cette façon de faire installait le bon rythme une fois pour toute. Ceci dit, dans certains morceaux comme celui précité, il est très difficile de compter des noires, des croches et des doubles croches. Quant au métronome, je n’y arrive pas, c’est pour moi plus un objet de torture q’une aide. Lorsque j’ai débuté le piano dans les années 80, j’ai eu la chance de croiser un jour, par hasard, un professeur qui m’a encouragé à commencer malgré mon appréhension. Mais sur la place qui comptait de nombreux professeurs, il était le seul à vouloir tenter l’expérience avec des adultes, tous les autres, je dis bien tous, refusaient au prétexte que c’était voué à l’échec. Aujourd’hui encore, quand je repense à lui, c’est avec une immense reconnaissance. Tout ça pour dire que je ne regrette rien et que tous les jours et malgré tout ce que je viens de dire, j’éprouve un immense plaisir derrière mon piano. A l’occasion, et pour tous les intervenants de ce site, pourriez-vous nous expliquer comment font ces pianistes de groupes de rock (par exemple) que l’on voit fleurir un peu partout qui de leur propre chef avouent ne pas avoir appris la musique et qui se tiennent pourtant derrière leurs claviers avec une décontraction déconcertante et parfois même debout, quand on sait combien c’est déjà si difficile de jouer assis. Font-ils n’importe quoi, je ne l’envisage pas, jouent-ils des accords très simples ou sont-ce tout simplement des surdoués ? je me souviens qu’un de mes professeurs m’expliquait qu’il y a d’autres méthodes que celles connues en Europe pour aborder le piano et que lui l’avait appris en 6 mois en Australie. De fait, il se mettait au piano et à partir de n’importe quelle mélodie était capable d’adjoindre un accompagnement ad hoc avec une facilité qui donne envie. Mais Il pouvait faire de même avec une guitare. Tout ça pour dire que bien que n’ayant aucune compétence dans le domaine pédagogique musical, je trouve les enseignements classiques très besogneux face à certaines autodidaxies.
        Voilà, peut-être que l’on va encore progresser dans l’apprentissage pour adultes et ce grâce à ces sites ou chacun peut livrer sa propre expérience.
        Merci en tout cas
        cordialement
        J Marie

        • Claudine
          19 novembre 2017

          Quand je parlais de compter à haute voix, je sous-entendais de compter à la noire, c’est-à-dire de noter la pulsation directement sur la partition. Ainsi nous sommes ici dans un morceau à 3 temps. Comme vous dites, il y a des noires, des croches, des double-croches et aussi des triolets, ainsi que des blanches et des noires pointées. A chaque temps, correspond une valeur ainsi une noire est égale à deux croches qui sont égales à 4 double-croches etc… Allez voir ma vidéo sur les valeurs de notes Je ne pourrai pas tout vous expliquer dans un commentaire. Mais le plus important est vraiment de poser les temps et après on est plus en mesure de comprendre la partition.

          J’ai rencontré beaucoup de musiciens talentueux autodidactes mais ils avaient tous en commun un excellent sens du rythme.
          Et tout le monde peut réussir à « bricoler » des accords mais le rythme soit on l’a dans la peau soit on doit travailler pour le ressentir.

          Sinon pour en revenir à l’enseignement musical pour les adultes au piano, je trouve que c’est très formateur mais en effet très difficile pour l’enseignant (c’est souvent pour cela qu’ils ne recherchent pas spécialement les élèves adultes).
          Car un adulte qui ne comprend pas va le dire tout de suite et risque d’avoir du mal à sortir de son raisonnement. Alors qu’un enfant ne va pas mettre de mots sur son problème et va essayer de faire avec ce qui suit.
          Pour citer un dernier exemple, un élève adulte m’a dit récemment, je ne comprends pas pourquoi le 1er temps démarre sur la 1ère note de la mesure. En effet, pourquoi on dirait 1 dès le début et pas 0 ? C’est vrai que ce n’est pas très logique.
          Et je me suis rendue compte en interrogeant une petite élève qu’elle non plus, n’avait pas compris cette logique mais faisait avec.
          La musique fait appel à des raisonnements mathématiques qui sont quelque peu abstraits et l’adulte a la fâcheuse habitude de se reposer sur ce qu’il connaît, sur son expérience (ce qui est tout à fait normal) mais dans une situation d’apprentissage c’est ce qui le freine et le fait se crisper involontairement.

          Ainsi comme je vous le disais plus haut, on peut apprendre le piano sur le tard mais cela prend parfois plus de temps que pour les enfants.

          Cordialement

          • jean marie
            19 novembre 2017

            Sans vouloir monopoliser la parole, je trouve ces échanges très fructueux et sans doute autant pour le professeur (le sachant) que l’élève (l’apprenant) car ils permettent au premier de mieux cerner les « pathologies » des seconds et ainsi d’améliorer son approche pédagogique. C’est un échange gagnant gagnant. Je suis allé voir votre vidéo, très bien faite. Mais je connais parfaitement la théorie musicale, à commencer par la valeur des notes ou des silences ; je peux aussi, au premier coup d’œil, reconnaitre la tonalité d’un morceau et tout le reste. J’ai même étudié les fréquences des notes et sais que le LA de référence est de 440 vibrations à la seconde soit 440 hertz. Je dirais donc que mes handicaps ne viennent pas de lacunes théoriques, j’aurais au contraire tendance à trop intellectualiser la musique. Mon fils qui a commencé le piano en même temps que moi, mais lui avait 8 ans à l’époque est incapable aujourd’hui, à 38 ans, de vous dire s’il est en sol majeur ou en mi mineur mais il vous jouera des œuvres très difficiles avec brio. Il ne se pose aucune question, en d’autres termes, il n’en fait pas tout un fromage ! certes il sait lire une partition mais il écoute essentiellement et il restitue, un point c’est tout, en tout cas, c’est ce qu’il me dit et il souffre pour moi ( c’est toujours lui qui parle) en voyant tous les efforts que je déploie pour un si piètre résultat. Et à ce sujet, il est bon, me semble t-il, de rappeler ceci : l’enfant utilise l’hémisphère droit de son cerveau, celui de l’intelligence intuitive, alors que l’adulte utilise le gauche, siège de l’intelligence analytique. Pourquoi utilise t-il celui-ci, eh bien parce qu’on lui a appris à l’école, tous les apprentissages reposant sur le raisonnement. Certes l’enfant devenu adulte utilise aussi son hémisphère gauche mais sollicitera toujours le droit pour la musique puisque cela en a toujours été ainsi. D’où toutes ces questions que vous posent vos adultes et non les enfants et que vous avez évoquées à propos du comptage du temps. Une similitude peut être faite avec les langues étrangères. Une personne illettrée peut très bien parler 5 langues étrangères, cela n’est pas incompatible mais elle ne saura pas les écrire ou les lire. Donc revenir à nos instincts premiers, peut-être est-ce là la clef de notre désinhibition.
            encore merci
            cordialement
            J Marie

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