3 habitudes qui vont vous faire décoller au piano

Comment progresser au piano

Vous aussi ?

Vous aimeriez vous sentir décoller à chaque fois que vous vous mettez au piano ?

Peut-être pas de la même manière qu’Alain Roche, ce talentueux pianiste suisse qui ose défier les lois de la gravité (crédit photo : Sedrik Nemeth ©).

Emporté par la musique et par vos rêves,
sentir comme une brise dans votre cou,
éprouver une sensation de liberté,
de légèreté,
de… facilité...

La musique peut faire cet effet là.

Vous le savez.
C’est pour atteindre ce plaisir que vous faites du piano.

Mais là, en ce moment, face à votre piano, vous ne décollez pas.

Vous avez plutôt l’impression que vos doigts, les notes et le clavier se livrent une bataille rangée au sol pour réussir à monter le morceau de vos rêves.

Malgré vos efforts, vous avez le sentiment de ne plus avancer.
Comme si vous aviez atteint un seuil.

Comme si une porte refusait de s’ouvrir devant vous.

Vous faites tout le temps les mêmes erreurs et les mêmes hésitations aux mêmes endroits.

C’est DÉ-SES-PÉ-RANT !

Qu’est-ce que je ne fais pas bien, vous dites-vous ?

Ce n’est souvent qu’une question d’habitudes au piano.
Changer deux ou trois petites choses dans votre manière de travailler peut vous permettre de progresser beaucoup plus vite.

Imaginez la révolution dans votre vie de pianiste.

  • Si à chaque fois que vous vous mettiez au piano, vous aviez le sentiment de progresser,
  • si vos doigts se sentaient libres sur le clavier,
  • si vous réussissiez à élargir votre répertoire deux fois plus vite.

Alors cela vous tente de changer quelques habitudes maintenant pour en récolter les fruits dans les prochaines semaines ?

Je vous explique tout sur le rôle des (bonnes) habitudes au piano.

Nouvelles habitudes pour progresser au piano

Qu’est-ce qu’une habitude ?

Partout, sur le net et ailleurs, on entend dire que l’implémentation d’une habitude est possible grâce à une grande motivation.

Et que souvent donc on laisse tomber ses bonnes habitudes pour reprendre ses anciennes mauvaises habitudes par manque de volonté.

Savez-vous réellement ce qu’est une habitude ?

  • Se lever quand le réveil sonne
  • Éteindre la lumière derrière soi
  • Se laver les mains avant de manger
  • Se laver les dents
  • Fermer la porte derrière soi
  • Mettre un manteau pour sortir

Toutes ces actions sont des habitudes et elles ont pour points communs

  1. de ne pas vous demander d’efforts ni même de volonté particulière.
  2. d’être répétitives
  3. d’engendrer une satisfaction
    • Je me suis levée à l’heure, (je pourrai faire tout ce que j’ai programmé dans la journée !)
    • J’ai éteint la lumière, je suis une bonne personne (fidèle à mes principes)
    • J’ai les mains propres, je n’attraperai pas de maladies (enfin, j’espère !)
    • etc…

Peut-être pensiez-vous que ces actions n’étaient pas des habitudes mais seulement des automatismes propres à l’être humain.

  • Non, les seuls automatismes sont de l’ordre de l’inconscient comme respirer, digérer, dormir, cicatriser…
Habitude pour jouer du piano

Avez-vous des habitudes au piano ?

Certainement, si vous jouez depuis quelque temps.

Ce peut être votre façon :

  1. de vous installer devant le clavier
    • Avec une tasse de café posée sur le piano, les jambes croisées, mode détente absolue
    • Bien campé sur ses jambes, assis le dos bien droit, prêt à affronter les difficultés
  2. de commencer par vous échauffer
    • en jouant vos morceaux préférés
    • en faisant des exercices, des gammes
    • sans rien faire de spécial
  3. de vous entraîner
    • en vous arrêtant pour reprendre en cas d’erreur
    • en répétant tout jusqu’à ce que cela rentre

Il n’y a pas de bonnes ou de mauvaises habitudes en soi.

Il n’y a que des habitudes qui vous conviennent et qui correspondent à ce que vous êtes actuellement.

Toutefois à mon avis trois habitudes clés demeurent incontournables.

En effet, s’il vous manque une de ces habitudes, vous courrez le risque de ne pas progresser assez vite et de gaspiller votre énergie.

1. Les habitudes visuelles au piano

Rien de mieux qu’une petite histoire pour planter le décor.

Les premiers pas de l’enfant

3 habitudes pour progresser au piano

Imaginez des parents émerveillés qui assistent aux premiers pas de leur bébé de 1 an.
Ils sont tellement fiers !

Soudain l’enfant tombe et se fait mal.

Il a eu peur et maintenant, il ne veut plus marcher.

La situation dure pendant des mois.

Les parents ne savent plus quoi faire.
Ils décident de lui montrer comment s’appuyer sur un bâton pour réussir à marcher sans avoir peur de tomber.

L’enfant comprend vite et prend rapidement ses marques avec le bâton.

A tel point qu’il ne peut veut plus s’en passer.

Jusqu’au jour où vers l’âge de 3 ans, à l’école, il se rend compte que les autres petits enfants courent plus vite que lui car ils n’ont pas de bâton.

Il jette alors au loin son bâton pour se lancer dans la course et…

…Tombe !!

Vos premiers pas au piano

3 habitudes pour progresser au piano

Au piano aussi, quand on démarre, on peut être tenté de s’appuyer sur une béquille psychologique.

Et là aussi, ce sera inconscient et involontaire.

En effet souvent quand une personne débute le piano, elle se sent perdue devant tout ce qu’il y a gérer en même temps : les notes sur la partition, l’emplacement des touches, la position des doigts, le délié…

Le pianiste débutant a l’impression d’avoir besoin d’un deuxième cerveau pour réussir à tout gérer en même temps !

Et c’est donc à ce moment qu’il commence à regarder ses doigts.
Pour au moins voir ce qu’il fait et surtout… Vérifier s’il le fait bien !

Et le stress aidant, il a tendance à se servir moins des deux autres sens utiles au piano : l’audition et le toucher.

Or, en vous appuyant majoritairement sur la vue pour vous aider à jouer du piano, vous courrez le risque

  • de vous perdre sur la partition. En effet l’aller-retour permanent entre le clavier et la partition est fatiguant et ne favorise pas la concentration.
  • de ne plus faire l’effort de lire les notes. Mais de les apprendre au fur et à mesure par cœur pour ne plus avoir à chercher sur la partition.
  • de ne pas connaître le clavier. Car la vue ne remplace pas le toucher essentiel au bon pianiste.

Si vous ne regardez pas vos doigts en jouant

Vous serez en mesure de suivre la partition

Vous ne serez plus perdu en jouant.

Vous resterez concentré sur la partition et la lecture des notes.

Au fil du temps, la partition sera pour vous comme un chemin à suivre pour aller dans la bonne direction.

Vous connaîtrez mieux le clavier du piano

Vous serez capable de sentir sous vos doigts les différentes notes simplement en vous aidant du relief des touches noires.

Vous sentirez donc plus le clavier et serez en mesure de vous l’approprier sans avoir besoin de la béquille visuelle.

Ainsi, vous pourrez reconnaître plus aisément les notes (touches) et les différents intervalles.

Vous verrez, cela demande un peu de concentration au début.

Mais c’est magique !

Car on a l’impression de jouer différemment et de ressentir beaucoup plus de choses.

Vous saurez mieux gérer les déplacements de vos doigts et de vos mains

Un peu comme lorsque vous conduisez, vous n’avez pas besoin de regarder votre main droite lorsqu’elle se déplace vers le levier de vitesse.

Vous saurez mieux appréhender les déplacements dans l’espace pour aller chercher une note plus éloignée.

Et vous vous ferez de plus en plus confiance.

Vous entendrez mieux

Pourrions-vous imaginer un seul instant qu’ un pianiste s’exprime par le biais de son instrument sans écouter le son qu’il produit.

Et pourtant, lorsqu’on débute le piano, cela arrive très souvent. On est tellement préoccupé par le placement des doigts, le rythme, qu’on n’a pas le temps de penser au son.

Or si vous ne regardez pas vos doigts, vous allez être obligé d’entendre le son pour identifier vos erreurs.
En effet, comme vous ne pourrez plus voir les touches sur le clavier, vous serez obligé de vous servir de vos oreilles.

Comment perdre l’habitude de regarder ses doigts

Récemment, une élève me disait qu’au conservatoire pour l’obliger à ne pas regarder ses doigts, son prof tenait le cylindre (couvercle du piano à queue) à moitié ouvert afin qu’elle ne voit pas ses doigts. Elle avait tellement peur sous la fatigue qu’il lâche le couvercle sur ses doigts, qu’elle s’empressait de jouer sans regarder ses doigts.

Rassurez-vous ! On peut trouver une solution plus confortable pour le professeur et moins périlleuse pour l’élève.

Fabriquer un cache efficace

  1. Prenez une chemise en carton
  2. Ouvrez la complètement
  3. Posez la partie avec les rabats contre le pupitre et l’autre extrémité en suspension au dessus du clavier
  4. Posez une partition assez lourde pour maintenir appuyée la chemise
  5. Il ne vous reste plus qu’à jouer sans regarder vos doigts !
Ne pas regarder ses doigts au piano
Merci à mon élève pour sa contribution !

Vous êtes maintenant paré pour jouer du piano dans de bonnes conditions.

Mais vous allez certainement me poser cette question.

Dans ces conditions, pourquoi les grands pianistes jouent-ils sans partitions et en regardant leurs doigts ?

La réponse est simple.

Lorsqu’on a atteint un certain degré de maîtrise de son instrument et du morceau que l’on travaille, il est conseillé de s’affranchir de la partition en l’apprenant par cœur.

Ainsi, on se sert de ses yeux non plus comme béquilles psychologiques mais comme soutien et renforcement des sensations.

Un peu comme monter un cheval à cru (sans selle), on a plus de sensations.

Au piano, cela permet de ressentir et d’accentuer la détente des doigts.
En outre, être libéré de la lecture de la partition permet de jouer avec plus d’emphase et de donner libre cours à l’interprétation.

Mais pour arriver à ce niveau, encore faut-il se mettre au piano souvent.

C’est la deuxième habitude à mettre en place pour progresser de façon sûre au piano

2. Jouer du piano tous les jours

Cela peut vous paraître excessif voire même impossible dans votre quotidien surchargé.

Pourtant il ne s’agit pas de travailler pendant des heures. Juste consacrer un petit temps par jour au piano.

Cette habitude va vous permettre de vous créer une identité de pianiste et de progresser tout en douceur.

Se créer une identité de pianiste

Se créer une identité de pianiste

Vous sentez-vous pianiste ?

Bizarrement, je constate souvent autour de moi que peu de personnes apprenant le piano se considèrent comme pianistes ou même apprenti-pianistes.

D’ailleurs certaines personnes, qui s’inscrivent à la newsletter de Vive le piano, remplissent le sondage en ligne et quand je leur demande si elles sont pianistes ou apprenti-pianistes cochent la case “non” ou “pas encore, mais j’y pense !”
Or un peu plus loin, ces mêmes personnes déclarent faire du piano et avoir des problèmes de pianistes !!

Comme si le piano était une activité à part et que pour se sentir pianiste, il fallait avoir atteint un degré d’excellence.

Pourtant comme pour toute chose, il faut commencer… Et… Y croire !

Ainsi vous pourrez progresser.

Tout est une question de croyance

Imaginez deux amis qui se lancent le défi d’arrêter de fumer.
Ils se rendent à une soirée où de nombreux fumeurs sont présents.

Evidemment au bout de quelque temps, on leur offre à chacun une cigarette.

Le premier répond : Non merci, j’essaie d’arrêter de fumer
Le deuxième répond : Non merci, je ne fume pas.

A votre avis, lequel des deux a le plus de chances de réussir son défi ?

Le deuxième évidemment !
Car il s’est mis dans la peau d’un non fumeur.
Il a déjà opéré un changement d’identité.

Tandis que le premier se voit toujours fumeur et pense que son comportement va changer même s’il conserve cette croyance.

Au piano, c’est pareil.
Si vous commencez le piano en vous disant que c’est de la folie, que de toute façon vous n’y arriverez pas car vous n’avez pas de temps à y consacrer, pas de talent et que vous ne serez jamais pianiste.

Vous courrez le risque de ne pas progresser ou d’abandonner à cause de cette croyance.

Tandis que si dès le début, vous vous considérez comme pianiste débutant et que vous jouez un peu du piano tous les jours, il y a de fortes chances que vous deveniez bon pianiste.

Autorisez-vous à changer

En effet, quand vous répétez souvent une habitude, vous alimentez une nouvelle croyance.
La croyance que vous êtes capable de faire ce que voulez.

Par exemple, si vous faites une heure de sport par jour, vous penserez (et les autres aussi) “je fais une heure de sport par jour donc je suis sportif”.

Un autre exemple, si vous rangez tous les jours vos affaires après les avoir utilisées, immanquablement, vous penserez à un moment donné “j’aime l’ordre” alors qu’à la base, vous étiez très désordonné.

Quand les preuves tangibles de votre capacité à faire les choses s’accumulent, votre image de vous commence à changer.

Donc, c’est la répétition d’une même action qui va faire de vous la personne que vous souhaitez devenir.

Suivez donc ce conseil qui s’applique très bien au piano.

Si vous entendez une voix qui vous dit “tu ne peux pas peindre”, alors peignez par tous les moyens possibles et cette voix se taira.

Vincent Van Gogh

Progresser plus rapidement et en douceur

Si vous mettez en place cette habitude tous les jours, vous n’aurez plus besoin de compter sur la motivation pour vous mettre au piano car vous saurez quand travailler.

Vous aurez un sentiment de liberté et de repos.

En effet vous n’aurez pas à vous dire : ” il faut absolument que je trouve un moment pour faire mon piano aujourd’hui ! “

Car ce moment aura déjà été déterminé dans votre journée.

De plus, le fait de vous installer au piano tous les jours et de répéter les mêmes gestes va créer une dynamique de réussite.

En effet, plus on répète souvent les mêmes gestes plus on crée de nouvelles connexions entre les neurones du cerveau. J’en ai d’ailleurs déjà parlé dans mon article sur le déchiffrage.

Et bizarrement cela demande moins d’énergie et devient automatique.
Car la connexion se fait de plus en plus rapidement.

C’est un peu comme lorsque vous réalisez un plat pour la première fois.
Souvent le premier essai n’est pas concluant car la recette peut paraître compliquée et difficile à réaliser.

Toutefois, si vous persévérez sur le long terme et que cette recette devient un de vos “classiques”, elle ne vous demandera plus autant d’efforts de réalisation car votre cerveau aura été formaté à son exécution.

Faire du piano va vous paraître de plus en plus facile.

Vous n’en reviendrez pas de faire autant de progrès.
Vous allez gagner en clarté de jeu et en souplesse musculaire.

Or la meilleure façon pour vous de vous en rendre compte est de tester sur 30 jours.

Comment réussir à jouer du piano tous les jours

Jouer tous les jours au piano

Se poser les bonnes questions

Cela suppose souvent plusieurs essais avant de trouver le moment opportun.

Vous pouvez déjà vous poser la question de savoir comment vous envisagez votre temps au piano.

  • Est-ce pour vous un moment de plaisir ?
  • Est-ce une contrainte ?
  • Cela vous fatigue-t-il ?

Si cette activité vous fatigue, c’est que vous jouez trop longtemps. Ecoutez-vous davantage et raccourcissez au maximum votre temps passé au piano.

Si c’est une contrainte, cela signifie que vous n’êtes pas satisfait. Vous en faites peut-être un peu trop ou pas assez. Peut-être aussi avez-vous trop d’exigence face à la situation. Diminuez la pression et autorisez-vous à ne pas être parfait.

Si c’est un plaisir, ne changez rien !

Trouver le bon moment

L’installation d’une nouvelle habitude doit répondre aux trois critères dont je parlais plus haut :

  • devenir automatique (pas d’efforts ni de volonté requise)
  • être répétitive
  • engendrer une satisfaction

Pour la rendre automatique, il faut la rendre facile.

Si vous voulez être sûr de faire du piano tous les jours, faites-le juste après quelque chose que vous faites tous les jours.

Moi, j’ai pris l’habitude de jouer du piano juste après le repas du soir. C’est mon moment à moi et je le considère comme sacré.

Pour d’autres pianistes, ce pourra être aussi au retour du travail, juste après avoir enfilé une tenue décontractée.

Ou tôt le matin, après le petit déjeuner, histoire de bien commencer la journée !

Toutes les configurations sont possibles du moment qu’elles s’adaptent à vous.

3. Cessez de pratiquer la politique de l’autruche

Cessez de pratiquer la politique de l'autruche

Vous savez cette tendance que l’on a tous à préférer ne pas voir les problèmes plutôt que de les affronter directement.

Cette attitude est très fréquente au piano, surtout chez les pianistes débutants.

Vous savez ce passage, cette mesure ou ce rythme qui vous pose problème à la fin de votre morceau.
Vous savez exactement de quoi je veux parler.

D’ailleurs, si vous prenez des cours, vous êtes capable de dire à votre professeur, les endroits exacts ou “ça coince”.

Et pourtant, souvent, on ne fait rien.
Strictement rien pour que cela passe mieux.

Je le sais moi-même, car j’étais une grande adepte de la politique de l’autruche dans ma jeunesse.

On rejoue du début à la fin le morceau en faisant des prières pour que la prochaine fois, ça finisse par passer.

En faisant cela, on alimente sa peur et son inconfort.

Imaginez que votre enfant de 10 ans, pour aller à l’école, passe tous les jours devant quelque chose qui l’effraie.

Vous finissez par vous en rendre compte.
Quelle va être votre réaction ?

Forcément, vous allez voir avec lui où se situe le problème et tenter de dédramatiser la situation.

Au piano, on doit faire pareil pour progresser.

La technique du démêlage

La technique du démêlage au piano

Vous avez été forcément confronté à un moment de votre vie à une chevelure pleine de nœuds.

Que ce soit celle de votre fille ou la votre, à un moment donné, il faut faire quelque chose !

Vous avez plusieurs solutions :

  1. Tout couper
  2. Dissimuler le problème
  3. S’attaquer au problème

1) Tout couper

Sur une chevelure emmêlée, le problème est éradiqué et on donne une nouvelle chance aux cheveux de pousser sans nœuds.

Au piano, tout couper signifierait passer à autre chose.
Donc passer à un autre morceau ou carrément faire une pause du piano.

2) Dissimuler les nœuds

On n’a pas forcément le temps de démêler ses cheveux après une nuit agitée…
Et un petit coup de peigne peut suffire à cacher le problème.

Mais le résultat ne sera tout de même pas au top !

Au piano, aussi, lorsqu’on est confronté à une difficulté technique (mauvais placement de doigts, défaillance rythmique), on peut décider de passer outre par manque de temps ou d’énergie.

Et se fier à la chance et à l’espoir de parvenir à juguler cette difficulté en reprenant son morceau du début (même si le problème est à la fin du morceau).

Beaucoup de pianistes débutants démarrent le piano ainsi de façon très optimiste en croyant à la chance.

Mais comme disait Einstein

La folie, c’est de faire toujours la même chose et de s’attendre à un résultat différent à chaque fois

Einstein

3) S’attaquer au problème

La solution la plus efficace pour démêler les cheveux reste de s’attaquer aux nœuds.

Evidemment, cela peut faire mal mais après… Quel bonheur !

Les coiffeurs préconisent de commencer par le bas de la chevelure (là où ce n’est pas encore emmêlé) pour remonter à la racine.

J’ai essayé sur ma fille, cela marche plutôt bien 😉

Au piano, vous allez cibler la difficulté.

C’est-à-dire aller au cœur du nœud pour en extraire sa difficulté.

Vous pouvez procéder ainsi

  • jouer une première fois les mains séparées de la mesure concernée en essayant de voir
    • si les notes montent ou descendent
    • s’il y a des mouvements conjoints ou disjoints
    • quels sont les intervalles répétés
  • sentir la facilité sous les doigts (c’est très important de vous dire que c’est facile pour éviter les blocages inconscients)
  • rejouer mains ensemble que les notes sur les temps (pas les croches sur les demi-temps)
  • si c’est un problème de doigté ou de note que vous oubliez, verbalisez ! Dites à voix haute le nom de la note ou le doigté qui pose problème.

Pour dénouer un problème au piano, il faut ne pas hésiter à mettre la partition sur une table et se poser les bonnes questions.

Ainsi, vous irez dans la bonne direction pour progresser.

Voilà, vous connaissez maintenant les 3 habitudes à mettre en place si vous souhaitez avancer dans votre apprentissage au piano.

Il ne vous reste plus qu’à passer à l’action.

Quelle habitude, allez-vous mettre en place ?
Dites-moi dans les commentaires, je suis curieuse…

31 Commentaires

  • Comme toujours article très intéressant mais bien sûr la mise en place de ces habitudes est plus évidente et efficace pour l’enfant (vous-même vous avez commencé très jeune n’est-ce pas ?) que pour l’adulte !

    • Merci Sylvie pour votre commentaire !

      Non, il n’y a pas d’âge pour modifier ses habitudes.
      L’adulte est d’ailleurs souvent plus motivé que l’enfant pour changer une habitude pour progresser.

      Il n’y a que l’habitude de ne pas regarder ses doigts qu’il est préférable de prendre dès le début que ce soit pour l’enfant et l’adulte.

      Pour répondre à votre question. Oui j’ai commencé le piano assez petite (11 ans) mais je n’écoutais pas forcément ce que mon professeur me disait et j’ai dû repenser mes habitudes par la suite.

      Je continue d’ailleurs aujourd’hui à remettre en cause souvent mes habitudes au piano et dans la vie en général, car je pense qu’il n’y a pas d’âge pour s’améliorer 🙂

  • Merci de prendre toute cette peine pour nous aider, c’est vraiment gentil, et je trouve vos conseils très précieux et pertinents. J’ai de la chance je suis une archi-débutante et du coup je vais pouvoir prendre tout de suite de bonnes habitudes.

    • Merci à vous Scarlet d’avoir pris le temps de lire ce long article.
      Je suis vraiment heureuse de savoir que vous allez mettre en application ces habitudes.
      Vous allez voir comme vous allez vite progresser !

  • Merci beaucoup pour vos articles, toujours intéressants. Ils nous motivent à poursuivre, surtout lorsque nous apprenons le piano de façon autonome.
    C’est un plaisir de vous lire et cela nous “ancre” de nouveau dans notre pratique du piano.

  • Bonjour Claudine,

    bigre, un homme sur votre blog ! Au secours ! Et la parité alors ?

    J’ai eu un clavier pendant trois semaines et j’ai essayé de corriger une mauvaise habitude, qui n’est ni bonne ni mauvaise mais qui m’énervait, celle de faire toujours au moins une faute, une fausse note, sur chacun de mes morceaux. Je sais bien que c’est une bonne chose de ne pas s’arrêter à la moindre fausse note, qu’il faut au contraire continuer, mais j’aimerais aussi jouer sans fautes. Et si je faisais un concert, comment cela se passerait-il ?
    C’est pourquoi j’ai profité de mes trois semaines de piano quotidien (deux ou trois heures par jour) pour me forcer à jouer sans fautes. A la première faute, être impitoyable avec soi-même, s’arrêter et reprendre au début. Je me suis aperçu que ce n’est pas une question de piano mais de concentration. Et c’est bien parce que c’est fastidieux de reprendre au début qu’on finit par faire attention à ce qu’on fait. Et j’ai enfin réussi à jouer des morceaux sans fausse note, moi qui me croyais maudit sur ce point. Manque de bol, il a fallu que je rende le clavier, qui était un prêt…
    L’idéal est sans doute d’alterner les exercices. Jouer jusqu’au bout, fausses notes ou pas, et puis se forcer à ne pas en faire, et donc recommencer du début à la première faute.

    J’ai aussi fait des gammes, apprises sur le Danhauser, majeures, mineures, des deux mains, du haut jusqu’en bas du clavier (lentement, évidemment), et, signe que je suis un grand pervers, narcissique sans doute : j’ai aimé ça !

    C’était un synthétiseur Korg et j’ai pu apprécier la différence de toucher quand je suis repassé sur un Clavinova.

    Je n’ai pas de problème de cheveux emmêlés, pour ma part.

    • Merci Jean-Yves pour votre long témoignage masculin ici !

      Vous ne faites pas exactement ce que je dis dans l’article (sur le fait d’éviter de reprendre du début à la fin le morceau).
      Mais, bon, cela peut se comprendre vu qu’habituellement, vous n’avez pas d’instrument chez vous. Vous vous êtes fait plaisir !

      Par contre, vous avez joué tous les jours pendant 3 semaines. Et vous avez eu le sentiment de progresser. Bravo !

      Quant à la “technique du démêlage”, je me doutais un peu que la gent masculine ne saurait complètement apprécié 😉

  • Magnifique article, merci Claudine encore et encore. En ce moment je comence une très belle partition de Lange “Blumenlied” et je vais suivre vôtre conseil et cacherai les doights, verrons si j´en suis capable.
    À bientôt des nouveaux conseils que je remercie de tout coeur. Pilar

    • Merci Pilar pour votre commentaire.

      C’est un très beau morceau mais pas si simple que cela avec des déplacements main gauche.
      Vous serez peut-être obligée de regarder par moment.
      Dans ce cas là, autorisez-vous à regarder seulement aux endroits les plus délicats (aux déplacements d’octaves par exemple) en notant un petit signe.
      Mais bon, si vous y arrivez avec le cache sans regarder du tout, c’est encore mieux !
      A bientôt !

  • Merci pour ces excellents conseils tellement vrais!!
    Pour ma part, je joue du piano pour me faire plaisir mais je dois arriver à prendre l’habitude de jouer chaque jour surtout pour la débutante intermédiaire que je suis.
    En fait c’est exactement comme l’apprentissage d’une langue, la régularité est essentielle. À bientôt
    Kathy

    • Merci Kathy !
      Oui, jouer un peu tous les jours est une habitude qui va transformer votre rapport au piano.
      Vous n’allez y trouver que des avantages !
      A bientôt

  • je suis guitariste, Hollandais. Vos conseils s’appliquent bien pour la guitare, merci! J’ai entendu dire un guitariste bien connu qu’un jour donné dans la passée du coup il ne sentait plus ses doigts, qu’ils volaient tout seul au dessus les cordes. J’èspère que ca m’arrivera un jour car la liberation sera atteinte !

    • C’est agréable de savoir que j’ai des lecteurs de tous les pays et pratiquant d’autres instruments !
      La sensation d’avoir les doigts qui volent tout seul au piano survient généralement après une longue pratique d’un morceau et quand on le maîtrise par cœur. On a alors l’impression alors que les doigts jouent tout seul et on peut se laisser emporter par nos émotions. Cependant il ne faut pas que ce soit un morceau trop technique… Je vous souhaite de vivre cela à la guitare !

  • Bernard,
    Ne dit-on pas jouer du piano? C’est inconsciemment qu’un enfant apprend dans beaucoup de domaines et essentiellement en jouant. Il en va de même pour tous les apprentissages pour en intégrer leurs contenus y compris à l’âge adulte. Le jeu est aussi une question d’observation et de mimétisme chez l’enfant ainsi que chez l’adulte. Si je parle ici d’observation, c’est pour un point précis qui est celui de la manière de tenir son corps et celui de mettre ses mains sur le clavier. En tant qu’autodidacte donc sans prof, j’ai ce questionnement permanent de savoir si j’ai la bonne attitude face au piano. Je suis une progression avec une méthode audio très bien faite, mais il me manque les conseils qui me permettrais de corriger mes erreurs quant aux deux points cités plus haut. Autrement j’applique en grande partie tous les conseils que vous avez donné dans ce courrier et je vous remercie de pouvoir par ce biais y apporter un complément dans ma pratique.

    • Bonjour Bernard, vous avez raison, tout est question de mimétisme dans l’apprentissage.
      C’est pour cela que les tutos vidéos en règle générale marchent aussi bien chez les jeunes et moins jeunes.
      Je pense faire prochainement un article vidéo sur le placement des doigts et la posture du pianiste. Car il y a beaucoup à dire !
      A bientôt

  • Bonjour Claudine,
    Merci pour votre article plein de bons conseils mais aussi très motivant, car en tant que débutante je passe par tous les stades que vous décrivez et comme vous le dites si bien : C’est DÉ-SES-PÉ-RANT ! J’ai commencé le piano il y a un moins d’un mois et je joue tous les jours, j’apprends en même temps le solfège, la lecture de notes, les accords, les renversements, … J’ai beaucoup appris sur la clé de fa, grâce à vos vidéos mais je n’arrive pas à lire les 2 clés en même temps, ce qui me freine bien sûr pour jouer une partition. C’est beaucoup de travail mais je compte bien y arriver, car c’est aussi très enrichissant. Merci de votre aide.

    • Bonjour Cathy,
      Je suis sûre que vous allez y arriver, laissez-vous un peu de temps !
      Si vous jouez un peu tous les jours, vous êtes sur le bon chemin 🙂
      A bientôt

  • Merci beaucoup Claudine pour tous vos conseils .
    Je travaille la main gauche pour l’instant car je me suis cassée la main droite . Je continue d’aller au piano pour travailler ma main gauche , ensuite mon piano m’aidera à la rééducation et je n’aurai pas perdu beaucoup de temps .
    Bien à vous . Anne Marie

    • Bonjour Anne Marie,
      J’espère que votre main droite va mieux… En tout cas, c’est bien de continuer à travailler votre main gauche.
      Ravel et Scriabine, en leur temps, ont eu le même problème que vous et en ont profité pour écrire des œuvres spécialement pour la main gauche. Cependant, je ne vous conseille pas d’essayer de les jouer car elles sont d’une difficulté incroyable !
      Bon rétablissement et à bientôt

  • Merci beaucoup pour ces précieux conseils. Moi j’ai fait récemment le contraire, notamment de regarder le piano en jouant ! En effet, j’ai tenté d’apprendre par coeur mes partitions pour être libéré de la lecture. Je joue un peu mieux mais je pense que finalement c’est plus un problème de concentration. Sans me rendre compte que je m’évade trop ! Mais je note qu’effectivement, c’est la régularité qui paie. Aussi, je privilégié plusieurs moments de la journée, là où je suis le plus disponible. Et c’est beaucoup le travail des gammes qui me donne de la souplesse. Vos articles y sont pour beaucoup dans ma motivation et mon rapport au piano. Toute ma reconnaissance. Fatiha

    • Merci Fatiha pour votre commentaire !
      C’est vrai qu’apprendre par cœur une partition pour être libérée de la lecture peut aider. Mais la condition est de bien la maîtriser sinon c’est très contraignant !
      Pour être plus concentrée, anticipez, pensez les notes et continuez à jouer régulièrement. Vous êtes sur la bonne voie !

  • Bonjour Claudine,

    Ne pas regarder ses doigts “de temps en temps” est une bonne chose, mais ne pas les regarder du tout est un massacre.
    J’ai eu le vertige en les regardant, arrivée à un bon niveau, sur le conseil de ma prof de conservatoire.
    J’avais des mains de sorcière et le mouvement rapide me faisait perdre mes moyens.
    J’ai appris à respecter mes mains, mon rythme, en les regardant posées, heureuses, au contact des touches.
    Sensation physique merveilleuse, à ajouter aux autres, sonores et visuelles.
    C’était mon bémol du jour, il y a tant de pianistes sans main gauche valide et avec les doigts en l’air.
    Ceci dit, mon apport ne fonctionne pas avec les pianos électriques, indigents à tous niveaux.

    Merci pour votre bel article et votre générosité.

    • Bonjour,

      Quand on débute, il vaut mieux s’abstenir de regarder ses doigts pour parfaire sa connaissance du clavier.

      Par contre, après on peut jeter des coups d’œil pour vérifier la position et la décontraction des mains sur le clavier.
      Et vous avez raison, jouer par cœur en regardant le clavier favorise l’osmose avec la musique.

      Bon piano à vous !

  • Article intéressant notamment pour les débutants qui ne savent pas au départ par où commencer et comment s’y prendre.
    Pour ma part, je bosse le piano quotidiennement par petites portions de 15 à 30minutes à raison de 3 à 4 fois par jour. Ça permet de bosser un passage délicat, des enchaînements d’accords complexes ou tout simplement renforcer la mémoire et l’interprétation localisée et/ou du morceau entier. En procédant ainsi on met en pratique la courbe de l’oubli.
    Une fois le morceau mémorisé je le laisse de côté pendant une semaine, je le retravaille pendant une semaine, je le laisse pendant 1 mois puis je le reprends….etc 3mois, 6 mois… normalement le fait d’y revenir plusieurs fois ça permet une mémorisation solide.
    Quant aux passages difficiles on les oublie puisqu’ils ont été travaillés en amont.
    En faisant ainsi ça permet également de travailler plusieurs morceaux en même temps .
    En tout cas merci pour ce que vous faites sur votre site.

    • Bonjour Julien,
      Votre méthode de travail suit tout à fait les préceptes que je préconise dans mon article et vous obtenez les résultats que vous souhaitez. Surtout ne changez rien !
      Merci pour votre commentaire.

  • Merci pour votre article très intéressant.. J’ai eu beaucoup de mal à ne pas regarder mes doigts lorsque j’ai débuté le piano, mon professeur me disait que ça viendrait tout seul plus tard… mais c’est faux. En effet ça a duré tellement longtemps que j’ai fini par apprendre par cœur des partitions de trois pages, comme un texte, parce que je ne pouvais pas quitter le clavier du regard pour lire ma partition… là j’ai compris que je devais corriger ça , ça a été un travail énorme parce que sans regarder le clavier je n’arrivais pas à jouer de façon fluide .J’ai trouvé l’idée du cache- clavier seule( j’avais appris à taper à la machine de cette façon et le résultat avait été rapide) alors oui vous avez raison, dès qu’on débute il faut tout de suite éviter de regarder ses doigts sans arrêt, c’est une mauvaise habitude qui vous poursuit pendant très longtemps, deux ans dans mon cas, et qui demande un travail ardu pour s’en débarrasser !

    • Désolée pour ma réponse tardive…
      Oui, je suis d’accord avec vous, il faut s’efforcer dès le tout début de ne pas regarder ses doigts car sinon après, c’est plus compliqué. C’est ce que je dis tout le temps à mes élèves.
      Mais je reste convaincue que c’est une habitude que l’on peut mettre en place plus tard même si cela demande plus de rigueur.
      Merci en tout cas pour votre témoignage !

  • Merci pour vos conseils précieux je vais utiliser la pochette à rabats pour me concentrer sur le toucher et ne regarder que la partition

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